Ceux qui ont aimé Dieu en vérité n’ont pas décidé de le servir en vue du Royaume, comme s’ils cherchaient à faire un marché et un bénéfice, ni non plus pour échapper au châtiment réservé aux pécheurs. Mais ils l’ont aimé comme le seul Dieu et comme leur propre Créateur.
Ils ont reconnu par conséquent que les serviteurs doivent plaire à leur Maître qui les a créés. Et ils font preuve d’un grand discernement devant ce qui leur arrive. Car le désir de plaire à Dieu rencontre beaucoup d’obstacles dès lors que ce ne sont pas seulement l’indigence et le discrédit, mais aussi la richesse et l’honneur qui sont des tentations pour l’âme. Et en un certain sens, même la consolation et le réconfort que l’âme reçoit de la grâce peuvent très facilement se transformer en épreuve et en empêchement, si l’âme qui en a été jugée digne ne les ressent pas et n’en use pas avec beaucoup de mesure et de discernement. Car le mal, sous le couvert d’une telle grâce, s’ingénie à relâcher la tension dans l’âme, et à y faire entrer la mollesse et la négligence.
